Ron English au Bowery Wall (2016) – New York, USA MURAL Festival

Ron English : la légende du street art subversif

L’édition 2017 du festival MURAL nous présentera l’artiste américain Ron English. La carrière de cet artiste légendaire est difficile à résumer tant cet artiste est prolifique.

« Tout et partout » seraient les mots appropriés pour décrire ce phénomène. En effet, si M. English est partout, c’est grâce à tous les médias inimaginables qu’il utilise pour se faire voir, mais aussi entendre. L’artiste aime bien exprimer haut et en couleurs ses positions et opinions, souvent politiques.

En utilisant les images de la société de consommation et du capitalisme moderne pour dénoncer leur ridicule, il a été à l’origine du mouvement POPaganda.

Très tôt dans sa carrière, Ron a mis au centre de ses œuvres des icônes de la culture populaire, principalement américaine, afin de brasser les consciences et de faire réfléchir sur ce qui se passe de l’autre côté du miroir.

Ron English - Coney Art Walls (2016) – New York, USA © Nickie Robinson

La statue de la liberté, le Smiley, Bob l’Éponge, Hello Kitty, les super héros, Mickey Mouse, les Simpsons et les nombreuses vedettes de Disney ne sont que quelques exemples des personnages fétiches de l’artiste.

« Temper Tot », basé sur son fameux « Hulk Boy », est sans contredit l’un de ses personnages les plus facilement reconnaissables.

Et, sans oublier, son épique « Mc Supersized », un Ronald McDonald présenté comme un bouddha bien rond, qui a apparu dans le film « Supersize Me » et qui fait même l’objet d’une application pour iOS « SuperSizeme ».

                                                                        © Marie-Eve Heinkelé                                                                                                                                                                    © Popaganda.com

Ron English est l’un des artistes parmi les plus productifs de notre époque. Né en 1966, il a contribué de façon significative à l’évolution de l’univers artistique du street art et a bousculé les normes depuis les années 80.

Il utilise tous les moyens artistiques et tous les supports possibles, que ce soit des affiches, des collants, des cahiers à colorier, des jouets, des sculptures ou des boîtes de céréales, afin de diffuser son art et ses messages. Il peint autant sur canevas que sur d’immenses murales intérieures et extérieures.

Ron English - Colring book© Popaganda.com

New York est son terrain de prédilection, mais on l’a écrit, Ron English est partout. Il a voyagé à travers le monde et a participé à de nombreux événements tant américains qu’internationaux. Amsterdam, Art Basel (Miami), Berlin, Brésil, Dubai, Milan, NuArt (Novège), PowWow Hawaii (Honolulu), Japon, l’Union soviétique et Wynwood ne sont que quelques exemples de l’odyssée planétaire de cet artiste hors-norme.

En avril 2017, il a participé à l’événement Art4WTC au 69e étage du World Trace Center et, en mai, il a réalisé une installation géante en Chine qui n’a duré que quelques heures ayant été jugée subversive par le gouvernement chinois.

Ron English - Art4WTC© Nickie Robinson

Bien que ses œuvres aient été exposées dans les galeries et les musées du monde entier, M. English a une inclinaison particulière pour l’art illégal. Ses nombreuses activités de « détournement » de panneaux publicitaires ne peuvent être passées sous silence.

Ron English - Billboard© Popaganda.com

Il a donné des interviews et a fait l’objet d’articles dans la majorité des grands magazines d’arts et de street art tel que Graffiti Art, Hi-Fructose et Juxtapoz, pour lequel il a même dirigé, en novembre 2012, un numéro spécial dédié à la politique et l’art.

Ron English - Juxtapoz © Popaganda.com

En plus des médias traditionnels, Ron utilise toutes les opportunités que lui offrent les médias sociaux et les nouveaux médias. Il ne laisse rien de côté. En plus de sa présence régulière sur Instagram, Facebook, Twitter et autres, il a ses propres podcasts sur iTunes et sa chaîne YouTube.

Pendant la conférence SXSW de Austin en 2015, il a organisé une chasse au trésor avec une application mobile, la « Ron English PopApp », semblable à Pokemon Go. L’un des prix consistait en une virée dans l’autobus POPaganda qui présentait une exposition roulante des œuvres de l’artiste.

Côté politique, il a créé la fameuse composition Abraham Obama qui a fait le tour de la planète pendant la première campagne du président Obama en 2008.

Ron English - Abrahama Obama© Wikipedia.org

En 2016, il a notamment participé à la campagne « Artists for Bernie Sanders » et il s’est inscrit en opposition à l’actuel président en lançant son « Trumpty Dumpty ».

Ron English - « Trumpty Dumpty » (2016© supertouchart.com

Que dire d’autre… qu’il a réalisé l’affiche Zarkana du Cirque Du Soleil et celle de la tournée Mudhoney pour Pearl Jam, plusieurs pochettes de disques, dont F.A.M.E. de Chris Brown, qu’il a collaboré avec Montana, plusieurs grandes marques de vêtements dont Vans; et que, au final, il a décidé d’avoir sa propre collection de vêtements et de jouets – POPaganda –, bien sûr.

À ce stade-ci, vous ne serez surement pas surpris d’apprendre qu’il a fait l’objet d’un livre, qu’il a participé à plus de 19 documentaires, qu’il a prêté sa voix à son propre personnage dans un épisode des Simpsons, et qu’on lui a dédié un docu-film pour lequel il a contribué à la trame sonore.

Car l’homme est également musicien. Il a eu un band du nom de Electric Illuminati et il a collaboré à l’écriture de quelques pièces du disque POPaganda CD. Ce boulimique d’idées est actuellement en campagne de levée de fonds pour la diffusion d’un opéra rock, « Rabbbits in Delusionville », pour lequel il a contribué non seulement aux visuels, mais également à l’écriture des chansons et de la musique.

Pour écouter les premières pièces, cliquez ici!

Ron English -“IAMNothing” - Peace Combat - Delusionville © Popaganda.com

Mais attendez, ce n’est pas tout! Comme si ce n’était pas assez, eh bien sachez qu’une compagnie a même utilisé le nom de POPaganda pour une marque de popsicle.

Maintenant, vous comprenez le vrai sens de prolifique et l’utilisation de « tout et partout » au début de cet article et vous êtes surement curieux de savoir ce que Ron nous réserve pour le festival MURAL.

Oui, Ron English a été presque partout, mais Montréal manquait à son palmarès. En juin prochain, ce sera chose faite grâce à l’invitation du festival MURAL. L’artiste nous offrira non seulement une murale, mais également une exposition solo du 8 au 18 juin.

Une visite fort attendue et qui nous réservera quelques surprises.

Le vernissage de Popaganda Pop-up se tiendra le 9 juin en présence de l’artiste, on vous y attend!

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